Benemazel's Blog

Un regard sur le monde parmi tant d'autres…

Robin des bois revient en force

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Dix ans après le succès triomphant de Gladiateur, Ridley Scott signe enfin son grand retour avec un Robin des bois quelque peu revisité, incarné par son acteur fétiche, Russel Crowe. En effet, contrairement aux précédentes adaptations, le cinéaste britannique a choisi de s’intéresser aux origines de l’histoire et de révéler l’homme qui se cache derrière le mythe du légendaire voleur au grand cœur de la forêt de Sherwood. C’est pourquoi d’ailleurs, le film s’achève sur ces mots : « Ainsi commence la légende ». 

Le point de départ du film se situe donc dans une période charnière à l’aube du XIIIème siècle. Le réalisateur nous présente effectivement Robin Longstride, un simple archer au service de la Couronne d’Angleterre qui après avoir participé à la troisième Croisade sous le commandement de Richard Cœur de Lion (Danny Huston), assiste à la mort de ce dernier, lors de l’assaut d’un château français. Avant de regagner sa terre natale pour rapatrier la couronne royale, Robin, ayant été témoin de la mort du roi, se voit contraint d’usurper l’identité d’un chevalier également occis durant la guerre contre l’ennemi gaulois, Sir Robert Loxley. De retour à Nottingham pour annoncer la malheureuse disparition de son fils à Sir Walter Loxley (Max Von Sydow) et de son époux à Lady Marianne (Cate Blanchett), il découvre alors un spectacle de désolation. Le royaume est désormais ruiné et la population désespérée vit dans une pauvreté extrême sous le régime corrompu et despotique du nouveau roi, Jean sans Terre (Oscar Isaac).

Robin décide donc d’entrer en résistance avec l’aide de Loxley, devenu son père d’adoption et de la resplendissante et jeune veuve  Marianne, dont il est tombé immédiatement sous le charme, pour tenter de venir en aide au petit peuple, et ainsi sauver son pays de la misère et de la famine. Dès lors, naît irrémédiablement un mythe, celui de Robin des Bois, le justicier et défenseur invétéré des faibles et des opprimés contre les nantis et les puissants.

Si la fin du film laisse présager une suite éventuelle, cette nouvelle adaptation reste déjà pour l’heure, une grande et indéniable réussite. Au-delà de l’originalité du scénario, Ridley Scott a su s’entourer, il est vrai, d’acteurs aussi convaincants qu’éblouissants dans leur interprétation respective. En outre, d’un point de vue visuel et esthétique, le film est tout simplement spectaculaire et somptueux. Les scènes de combats sont à couper le souffle et que dire de la reconstitution de l’Angleterre du XIIIème siècle.

Pour vous faire votre propre idée, n’hésitez pas à regarder la bande-annonce !

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Written by benemazel

19 mai 2010 at 16:28

Publié dans Critique, Culture

Affaire Kadhafi

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Max Göldi, le second otage suisse toujours retenu en Libye depuis juillet 2008, suite à l’arrestation à Genève d’Hannibal Kadhafi pour mauvais traitements envers ses domestiques, devrait être libéré le 12 juin prochain selon son avocat, maître Salah Zahaf. À compter de cette date, l’homme d’affaires condamné « pour séjour illégal » sur le territoire libyen, aura effectivement accompli la totalité de sa peine, à savoir quatre mois de prison ferme.

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18 mai 2010 at 17:44

Publié dans Actualité suisse, Brève

Interview de Florian Irminger, jeune élu de la Constituante

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Le constituant vert, Florian Irminger, revient sur son élection de 2008 et profite de l’occasion pour faire entendre la voix des femmes et des jeunes, groupes largement sous-représentés à l’Assemblée constituante.

S’il admet avoir été d’abord très agréablement surpris et profondément heureux et fier de son élection, Florian Irminger tient surtout à souligner que l’humilité et le sérieux nécessaires à l’accomplissement de sa tâche, en l’occurrence la mise sur pied d’une nouvelle Constitution pour Genève, ont rapidement imprégné son état d’esprit. À 27 ans, ce jeune élu de la liste verte ne manque pas d’idées et certains thèmes lui sont particulièrement chers. C’est notamment le cas en ce qui concerne la représentation politique des femmes ainsi que celle des jeunes.

– Bien que la liste verte à laquelle vous apparteniez ait fait figure d’exception lors de l’élection, la moyenne d’âge de la Constituante est évaluée à 56 ans. Ressentez-vous au sein de cette assemblée, un fossé générationnel ou un manque de considération de la part de vos collègues plus âgés ?

– D’abord, il est évident qu’une assemblée n’est jamais réellement représentative de la population. Ensuite, il est clair qu’il ne faut pas confondre âge et compétence. Or, dans la pratique, personne ne commet cette bévue heureusement. Il n’y a ni conflit ni fossé générationnel. Nous avons tous été élus démocratiquement et nous sommes tous des représentants du peuple dotés d’une même légitimité pour nous exprimer.

– Certes, tous les élus sont légitimes, puisqu’ils ont été élus de façon démocratique. Mais comment réagissez-vous à la faible représentation des femmes dans cette assemblée ?

– Cela pose un réel problème. Après cent ans de luttes féminines et trente ans de droit de vote féminin, nous n’avons toujours pas d’égalité de fait, en terme de représentation. D’après moi, c’est le politique au sein même des partis qui est préoccupante et dommageable. Il faut savoir qu’il n’y avait que 35% de candidates pour cette élection notamment parce que les partis ne sont absolument pas obligés de présenter des femmes sur leur liste. C’est d’ailleurs la position que l’UDC a choisi d’adopter.

– Quelles solutions envisageriez-vous pour changer cet état de fait ?

– L’introduction de différentes mesures visant à obtenir une parité plus ou moins parfaite. Nous pourrions dorénavant obliger les partis à présenter des listes dans lesquelles il y aurait distinctement 50% d’hommes et 50% de femmes. Les électeurs effectueraient ensuite librement leur choix. Une autre solution à envisager, plus extrême cette fois, serait par exemple, de ne plus élire 100 députés indépendamment de leur sexe, mais cinquante députés hommes et cinquante députés femmes.

– La participation des jeunes s’est aussi avérée très faible. Comment l’expliquez-vous rétrospectivement ?

– Sans doute, les jeunes ne se sont pas suffisamment sentis concernés par cette élection. De plus, je voudrais ajouter en ce qui me concerne que de manière générale, je suis favorable au droit de vote dès l’âge de 16 ans. Et s’agissant la Constituante, je suis persuadé que nous aurions donné un message fantastique et surtout mobilisateur à l’attention des jeunes, en leur accordant exceptionnellement le droit de voter dès 14 ans. Ainsi, ces jeunes auraient été introduits dans un processus qui s’achèvera dans deux ans maintenant, lorsqu’ils seront majeurs en l’occurrence, et donc directement concernés  puisqu’ils auront à se prononcer sur le texte de la nouvelle Constitution. A mon sens, nous avons donc manqué une réelle opportunité lors de cette élection.

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18 mai 2010 at 12:36

Publié dans Interview

Federer s’incline honorablement face à Nadal

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Le Masters 1000 de Madrid qui s’est achevé dimanche, a finalement été remporté par Rafael Nadal. En finale face à son meilleur ennemi, Roger Federer, l’Espagnol s’est effectivement imposé en deux sets 6-4, 7-6 (7/5) après 2h10 de jeu. Il a ainsi pris sa revanche sur le Suisse puisque lors de leur dernière confrontation qui remonte justement à l’an passé, lors de la précédente édition du tournoi madrilène, il s’était incliné en finale.

Si leurs retrouvailles étaient vivement attendues, une chose est sûre, c’est qu’hier, elles n’ont en aucun cas déçu les inconditionnels du tennis. Les deux hommes comme à leur habitude lorsqu’ils s’opposent, ont livré, il est vrai, un combat exceptionnel qui a tenu en haleine les quelque 12’000 chanceux qui ont pu assister au fameux duel dans le stade. En effet, l’affrontement a été pugnace des deux côtés du filet et l’issue souvent incertaine et teintée d’un formidable suspense, à l’image du tie-break sur lequel s’est achevée la rencontre. Pour rappel, alors que Federer menait 4-2 dans le jeu décisif, il a ensuite concédé les six derniers points à son adversaire, dont la balle de match sur un malheureux faux rebond.

En outre, les statistiques de la confrontation démontrent fort bien que la différence entre les deux champions a été minime. Alors que Nadal a remporté au total 85 points gagnants, Federer quant à lui, a dû se contenter d’en gagner 84 sur l’ensemble de la partie !

Malgré sa défaite, le numéro 1 mondial n’a donc absolument pas démérité face au prodige de la terre ocre. Bien au contraire, le tennis qu’il a proposé hier, a convaincu et même rassuré ses fans. Il faut, en effet, rappeler que Federer a clairement manqué son début de saison sur terre battue et suscité quelques inquiétudes sur sa forme actuelle. D’abord à Rome, il y a quinze jours, il s’est incliné face à Ernests Gulbis (34ème à l’ATP) dès son entrée en lice, puis la semaine suivante à Estoril en demi-finale contre Albert Montanes (33ème à l’ATP), il a à nouveau perdu très sèchement. À l’issue de la finale contre le jeune Majorquin, le Bâlois est d’ailleurs revenu sur ses récentes défaites et a reconnu lui-même se sentir considérablement mieux dorénavant. Ainsi, il a déclaré : « Si l’on considère là où j’étais il y a une semaine, c’est un grand pas en avant pour moi. Je pense que j’ai bien négocié le jeu de transition aujourd’hui. J’ai peut-être raté quelques points ici et là, concédé un break de trop mais je suis content de la façon dont j’ai jouée ».

Quoiqu’il en soit, les Internationaux de France qui débutent la semaine prochaine, le dimanche 23 mai pour être précis, s’annoncent sous les meilleurs hospices tant pour Federer que pour Nadal. Et soyons honnêtes, nous rêvons déjà tous d’une finale titanesque et épique le 6 juin prochain, opposant les deux meilleurs joueurs actuels.

De plus, il est nécessaire de mentionner que s’il s’est emparé de la deuxième place mondiale à Madrid (déjà en se qualifiant simplement pour la finale), Rafael Nadal pourrait bien poursuivre sa conquête et même détrôner Roger Federer de sa place de numéro 1 au lendemain de Roland-Garros. Mais pour espérer accéder à ce rang tant envié et convoité, il faudrait encore que Federer n’atteigne pas les demi-finales et surtout que lui-même remporte ni plus ni moins, un cinquième titre à Paris. Affaire à suivre, donc !

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17 mai 2010 at 17:05

Publié dans Sport

L’illustre primatologue Jane Goodall en visite à Genève

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La quatrième édition des Rendez-vous mondiaux de Genève qui se déroulera le 26 mai prochain au Palais des Nations, est marquée par la présence d’une hôte prestigieuse, Jane Goodall. A cette occasion, l’anthropologue et primatologue de renommée mondiale animera une conférence publique sur un thème plus actuel que jamais : « La nature tire le signal d’alarme : pourquoi nous devons y prêter attention ».

Pour rappel, Jane Goodall a acquis sa notoriété et surtout sa réputation en raison de ses travaux et de ses découvertes sur les chimpanzés. En effet, en 1960 alors qu’elle n’a seulement que 23 ans, cette jeune britannique diplômée d’une école de secrétariat, décide soudainement de quitter sa terre natale pour se rendre en Tanzanie, au parc national de Gombe Stream afin d’initier ce qui sera l’une des plus longues études de terrain menées sur les primates vivant dans leur environnement naturel. Grâce à ses recherches, elle découvre de très nombreux aspects méconnus du comportement des chimpanzés et notamment l’étendue extraordinaire de leurs capacités intellectuelles. Elle révèle par exemple, que ces derniers utilisent des outils (pierre, bâton de bois, etc.) pour se nourrir, qu’il existe une hiérarchie sociale au sein d’un groupe ainsi que des liens extrêmement forts et durables entre ses membres et ce, durant toute leur existence.

Si les recherches en Tanzanie se poursuivent encore aujourd’hui, Jane Goodall, quant à elle, parcourt désormais le monde, malgré ses 76 printemps, pour partager ses expériences et surtout pour alerter l’opinion publique sur les graves dangers qui mettent en péril à l’heure actuelle et plus que jamais nos « plus proches cousins ». Rappelons que ces menaces réelles demeurent principalement la déforestation et le braconnage. D’ailleurs, l’anthropologue a justement fondé six « sanctuaires » en Afrique, pour recueillir, soigner et réhabiliter les chimpanzés victimes de ces pratiques.

De plus, Jane Goodall a également crée en 1977, en Californie, l’Institut Jane Goodall destiné à la recherche, à l’éducation et à la conservation de la faune.

Au vue de sa personnalité et de son parcours exceptionnel, la venue de Jane Goodall à Genève est donc incontestablement un évènement. En outre, une chose est sûre, elle mérite pleinement les multiples titres honorifiques et les innombrables prix qui lui ont été décernés au cours de sa vie. La scientifique a effectivement été nommée « Messager de la paix » des Nations Unies en 2002, « Dame de l’Empire britannique » par le prince Charles en 2004, « Officier de la Légion d’honneur » par Dominique de Villepin en 2006 et s’agissant des prix, nous pouvons citer notamment le prix J. Paul Getty pour la Protection de la Faune, le prix Albert Schweitzer pour le Bien-être des Animaux, le prix japonais Kyoto pour la Science, la Médaille Hubbard de la National Geographic Society, la Médaille d’Honneur de la Tanzanie, la Médaille Benjamin Franklin pour la Science, la Médaille d’Or des 60 ans de l’UNESCO, la récompense Asturias pour la Recherche Technique et Scientifique ou encore la récompense Gandhi/King pour la Non-Violence.

Written by benemazel

15 mai 2010 at 18:12

Publié dans Actualité suisse, Portrait

Mizensir, une entreprise genevoise au destin exceptionnel

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Dans le secteur hautement concurrentiel des senteurs et des bougies parfumées, l’entreprise genevoise Mizensir parvient incontestablement à se démarquer. A ne pas en douter, Alberto Morillas, le maître parfumeur de génie à l’origine de ces créations olfactives extraordinaires, n’est pas étranger à ce succès fulgurant et international. Eclairage sur une société familiale et atypique.

L’entreprise genevoise Mizensir occupe depuis plus de six ans maintenant, la place très convoitée et tant enviée de leader suisse sur le marché des bougies parfumées. Plus de 32‘000 pièces, en moyenne, scintillent chaque année en Suisse et à travers le monde. S’agissant du territoire helvétique, la société compte désormais vingt-quatre points de vente, dont neuf à Genève. A l’étranger, Mizensir est également largement implantée puisque ses créations se vendent aussi bien dans les principales villes européennes telles que Paris, Londres, Madrid, Bruxelles, Berlin, Athènes ou encore Lisbonne, qu’aux Etats-Unis, en Asie et au Moyen-Orient.

Depuis sa création en 2003, l’entreprise n’a cessé, par ailleurs, d’innover et d’étendre sa palette de senteurs. Alors qu’à l’origine il n’existait que douze parfums différents, la marque en propose dorénavant une soixantaine. Les plus récents – « Musc Mystérieux », « Elixir d’Agar », « Coing Royal » et « Cuir Rouge » –  viennent  justement d’être lancés.

Bien que le succès de Mizensir puisse apparaître aujourd’hui comme étant simple et évident, il n’en demeure pas moins qu’il ne relève pas uniquement de la chance ou du hasard. En réalité, ce destin exceptionnel semble reposer davantage sur la recette finement pensée et merveilleusement bien appliquée, qui consiste à allier le talent, le savoir-faire mais aussi la simplicité.

La signature unique d’un grand nez

La plupart des gens l’ignorent pourtant le créateur des senteurs Mizensir n’est autre qu’Alberto Morillas, le nez mondialement connu et reconnu, qui officie depuis plus de trente ans chez Firmenich, la multinationale genevoise spécialisée dans l’industrie des parfums et des arômes. Récompensé en 2003 par le prix Coty du meilleur artiste parfumeur mondial, Alberto Morillas peut se targuer d’avoir inventé certains des plus célèbres et populaires parfums qui soient, à l’image de CK ONE de Calvin Klein, d’Acqua di Giò de Giorgio Armani ou de Miracle de Lancôme.

D’ailleurs, grâce à sa renommée, un grand nombre de clients prestigieux tels que Carolina Herrera, Yves Saint-Laurent, Emmanuel Ungaro ou encore de Grisogono, le sollicitent régulièrement pour qu’il leur crée en exclusivité des bougies parfumées aux senteurs inédites.

Mais Alberto Morillas ne se contente pas de mettre son talent au service du luxe. En 2003, il a effectivement conçu spécialement pour la Fondation Make-A-Wish, une bougie unique dont l’intégralité des bénéfices a été reversée à l’organisation caritative.

Une manufacture familiale et artisanale

Si la réussite de Mizensir s’explique bien évidemment par la présence d’Alberto Morillas, elle repose aussi, de manière indéniable, sur celle de son épouse, Claudine, la fondatrice et représentante officielle de la marque. En effet, avant même la création de l’entreprise, Claudine Morillas fabriquait déjà dans sa cuisine familiale, avec l’aide de ses trois enfants, les bougies minutieusement élaborées par son époux. Or, cette époque ne semble pas si lointaine et révolue puisque Mizensir a su se développer au fil des années sans pour autant renoncer à sa structure familiale. Aujourd’hui, cinq collaboratrices, pour la plupart des amies proches du couple, participent aux côtés de Claudine Morillas à la fabrication, aux mélanges et à l’emballage des bougies. Autrement dit, la société cultive également sa différence en privilégiant coûte que coûte un mode de fabrication artisanale. A l’image des horlogers ou des plus fins artisans, chaque pièce est effectivement intégralement faite à la main, dans un atelier proche du centre de Genève.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site internet de Mizensir.

Written by benemazel

14 mai 2010 at 12:52

Publié dans Portrait

Vent de polémique(s) sur le Festival de Cannes

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Si le Festival de Cannes est connu dans le monde entier, c’est également en raison des polémiques et des scandales qui l’accompagnent souvent. Personne n’a oublié, par exemple, l’annulation pure et simple de l’édition de 1968 ou le tollé provoqué par bon nombre de sélections avant-gardistes, courageuses ou simplement particulièrement originales et détonantes comme La Dolce Vita de Federico Fellini en 1960, La Grande bouffe de Marco Ferreri en 1973, Irréversible de Gaspar Noé en 2002 ou encore Antichrist de Lars Von Trier l’année passée.

La 63ème édition qui a débuté hier et qui se tiendra jusqu’au 23 mai prochain, n’échappe pas à la règle puisqu’avant même la première projection, la Croisette a été confrontée à deux controverses différentes, mais toutes deux de nature politique et relevant de débats historico-idéologiques.

Le vent de polémique est d’abord arrivé de l’Italie, et plus précisément de son gouvernement. En effet, le ministre de la Culture, Sandro Bondi, un proche de Silvio Berlusconi, a fait savoir qu’il déclinait l’invitation du prestigieux festival à cause de la sélection de Draquila – l’Italia che trema (Draquila – l’Italie qui tremble), un film réalisé par Sabina Guzzanti. Dans ce documentaire, dont le titre fait allusion à L’Aquilla, ville dévastée par un séisme en 2009, la réalisatrice, spécialiste de la satire politique, dénonce justement avec la plus grande virulence, la gestion de l’après-séisme par le gouvernement Berlusconi, notamment son inertie et la mainmise d’hommes proches du pouvoir sur les projets de reconstruction de la ville.

Pour rappel, cette catastrophe naturelle a fait 308 morts et a privé de logement plus de 80’000 personnes. Quoiqu’il en soit, le ministre italien estime pour sa part que cette œuvre est « un film de propagande qui offense la vérité et le peuple italien dans son entier ».

L’autre polémique qui entache ce 63ème Festival de Cannes a une origine nationale contrairement à la précédente. Initiée  il y a déjà quelques semaines, par le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Lucas, cette dernière concerne la projection le 21 mai prochain, du dernier long-métrage de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi. Sélectionné en compétition officielle sous l’égide du drapeau algérien, ce film qui retrace le destin de trois frères dans le contexte de la guerre d’Algérie, a indigné l’élu de droite et bon nombre de sympathisants de l’extrême droite pour une raison bien précise, à savoir l’évocation du massacre de Sétif en Algérie perpétré par l’armée française en 1945. Bien que le député UMP n’ait pas vu le film puisqu’il n’a encore jamais été diffusé, il le considère ni plus ni moins comme étant « anti-français ».

Quoiqu’il en soit, si ces attaques politiques venues de l’Italie et de la France polluent incontestablement l’atmosphère glamour et pailletée de l’édition 2010 du Festival de Cannes, le plus important ou le plus grave demeure qu’elles apparaissent surtout comme une inadmissible tentative  visant à mettre à mal le sacro-saint principe d’expression artistique.

Written by benemazel

13 mai 2010 at 20:51

Publié dans Culture